LA FOI QUI TRIOMPHE DU MONDE
Il existe la foi que l’on trouve chez tous ceux qui croient en Jésus-Christ, foi en vertu de laquelle nous recevons la vie éternelle. Elle est suscitée par la parole de l’Evangile de Christ bien administré, appuyé par le Saint-Esprit qui touche le cœur du pécheur. La Bible parle d’une telle foi dans Romains 10 : 17 : « la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ ».
Certes, le croyant reçoit la vie éternelle, mais il est encore inculte par rapport aux réalités de sa nouvelle vie, les réalités spirituelles. Sur les sentiers de sa nouvelle vie, il marche encore à tâtons. Par conséquent, il est encore de temps en temps en proie aux doutes, facile à manipuler et à désorienter, se défend mal et donc susceptible de tomber dans les pièges du malin qui est le prince du monde. C’est cela que prêche l’apôtre Pierre dans sa deuxième épître, verset 18 disant : « Avec des discours enflés de vanité, ils (les faux docteurs) amorcent par les convoitises de la chair, par les dérèglements, ceux qui viennent à peine d’échapper aux hommes qui vivent dans l’égarement ». Ce n’est donc pas par une telle foi qu’on peut triompher du monde !
Ensuite il y a la foi que la Bible qualifie comme étant une ferme conviction sur la réalité de quelque chose dont on n’a pas de preuve matérielle. Par elle, le croyant affiche une fermeté dans ses voies, de sorte qu’il n’est pas facile de l’en détourner parce que c’est en vertu d’une ferme conviction qu’il s’y engage. La Bible nous en parle aussi au chapitre 11 de l’épître aux Hébreux dont on peut lire un extrait : « la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas » (Hébreux 11 : 1).
C’est de cette foi que nous allons parler dans le présent message car c’est elle qui triomphe du monde. C’est par elle que le croyant, désormais enraciné dans les valeurs spirituelles, puise sagesse, lumière et puissance dans les profondeurs infinies de Dieu, afin de relever les défis auxquels lui ainsi que toute l’humanité, sommes tous sans cesse confrontés. C’est d’elle que Jésus parle à Ses disciples dans Matthieu 17 : 20 et Matthieu 21 : 21-22 disant : « Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi et que vous ne doutiez point, (…) quand vous diriez à cette montagne : Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, cela se ferait. Tout ce que vous demanderez avec foi par la prière, vous le recevrez ».
Comprendre le mot « foi » par son étymologie.
De manière générale, « avoir la foi en » signifie « faire confiance en » ou encore « se fier à ». C’est être rassuré que par rapport à ses intérêts, on peut faire confiance en quelqu’un sans risque d’être déçu. Cela donc implique que l’on a d’une part un objectif à atteindre et, d’autre part, la connaissance des qualités de la personne à qui on fait foi. Il y a toujours une comparaison à faire de sorte qu’un enfant, selon qu’il a faim ou qu’il a peur, a foi en sa maman ou en son papa. Lorsqu’il a faim l’enfant va vers sa maman parce qu’il sait que c’est elle qui est à la cuisine (son papa ne lui est pas fiable dans ce cas), et lorsqu’il est terrorisé il va vers son papa (sa maman ne lui est plus fiable dans ce cas).
Appliquée dans le contexte religieux, la foi implique sans faute que l’individu a mis en balance l’aspiration profonde de son cœur avec l’aptitude de Dieu à y répondre. C’est pourquoi, pour déclencher la foi des juifs, Jésus-Christ avait dû procéder par des miracles. Il a fallu qu’ils L’aient vu faire des choses humainement impossibles pour croire qu’Il venait de Dieu et que donc ses enseignements devaient être pris avec foi.
Lorsque quelqu’un croit en Jésus-Christ par la prédication de l’Evangile, cela signifie qu’il vient de décider de s’attacher à Lui pour la gestion de sa vie, qu’il est convaincu que sa vie sera heureuse avec Jésus-Christ. Mais cet attachement doit maintenant produire des racines pour que ce qui était au départ foi euphorique devienne responsable et résistant pour être appelé « foi triomphante ». Si le présent message est intitulé « la foi qui triomphe du monde » c’est parce que, alors que par « la foi euphorique » l’individu est encore susceptible de se détourner de Christ, par elle (la foi triomphante) l’individu devient plutôt solidement attaché à Christ. Ce qui a changé entre les deux états ce n’est pas l’attitude de Christ (de Dieu) ni celle du monde, mais plutôt les aspirations du cœur du croyant. C’est au fur et à mesure que le croyant découvre l’excellence du royaume de Dieu que son goût pour les choses de ce monde disparaît, devenant ainsi moins attirable (moins amorçable) par les convoitises du monde. Perdant de goût pour les choses du monde, le croyant commence à remodeler les aspirations de son cœur pour s’enraciner en Christ. Une même racine ne peut être à la fois enfoncée dans le monde et dans Christ. Elle doit être déracinée du monde avant d’être repiquée en Christ, et pour qu’il en soit ainsi le croyant doit être convaincu que le meilleur dans le domaine de la racine concernée n’est pas dans le monde mais plutôt en Christ. Il a donc dû faire une découverte, c’est-à-dire une expérience spirituelle dont la pertinence et l’excellence ont suffi pour reformer son jugement.
Et c’est parce qu’il s’enracine en Christ qu’il tire de Lui la sève par laquelle il peut désormais manifester Dieu et Sa puissance, dans sa vie de tous les jours. C’est à mesure que l’on perd ce qui est du monde que l’on gagne ce qui est de Dieu. C’est de cela que l’apôtre Paul parle dans 2Corrinthiens 4 :12 et 12 :10.
Comment cultiver une telle foi ?
L’on a vu des gens très engagés dans la foi, très actifs et qui, dans leur assemblée, ont été un model pour plusieurs fidèles, mais qui, confrontés aux défis de notre monde, sont tombés, devenant ainsi un scandale pour tous ceux qui les prenaient pour models. Plutôt que d’accuser le diable, il convient de comprendre que les aspirations du cœur de ces frères étaient encore encrées dans le monde. Toute la problématique d’une foi ferme ou pas se trouve dans « sur quoi repose le trésor de la vie du croyant ». Si pour le croyant, le bonheur est dans le monde, il suffit qu’il y ait quelques secousses, que le monde se déchaîne en flots, pour que, afin de préserver ou d’enrichir son trésor, on puisse le retrouver se vautrant dans le monde. Car la Bible nous le dit : « Là où se trouve ton trésor, là aussi se trouve ton cœur » (Matthieu 6 : 21).
Chers frères et sœurs, il y a lieu de faire ici une nette distinction entre un activisme religieux d’une part, et la foi active d’autre part. Tant que le trésor du croyant repose sur les valeurs du monde, tout son engagement ne sera que simple activisme religieux, et Christ sera pour lui un personnage providentiel envoyé sur la terre pour l’aider à bien jouir du monde. Une telle foi ne peut triompher du monde mais est plutôt soumise au monde. Que le monde s’agite de manière à menacer ses intérêts, le croyant va se plier. Que le monde s’embellisse, le croyant y voit une occasion d’épanouissement et se plie. Mais, la foi qui triomphe c’est celle par laquelle nous sommes convaincus de la vanité de nos vieilles valeurs acquises dans notre vie du monde. Le monde, en effet, agit en nous depuis notre naissance. Par les réalités et expériences que nous vivons, le monde nous a façonné des désirs et des comportements qui sont devenus des trésors auxquels notre cœur s’attache. Tout trésor (c’est-à-dire ce que nous jugeons comme vrai, comme utile et vitale) ne le devient que parce que nous l’avons expérimenté. Personne, en effet, ne peut s’attacher à une valeur inconnue. De même aussi, une valeur approuvée comme trésor ne cesse de l’être (c’est-à-dire on s’en détourne) que si on a pu faire une expérience meilleure avec une autre valeur de substitution. S’agissant donc des valeurs acquises dans le monde, pour pouvoir les abandonner après qu’elles aient fait leurs preuves dans notre vie passée, seule l’expérience des réalités de la nouvelle vie est requise. Nous pouvons ainsi dire que pour cultiver une foi triomphante, le croyant doit pouvoir faire des expériences avec Christ. Tant que l’existence de Christ restera au niveau théorique (ou historique), ce ne seront que les expériences du monde qui gouverneront le cœur du croyant.
(Lire la deuxième partie)
Pasteur Joseph KITENGE
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