DIEU TRAVAILLE LA NUIT
Texte de base : Genèse 1.2-5
« La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. Dieu dit : Que la lumière soit! Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres. Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le premier jour. »
Dans ce passage nous lisons ce que fut la terre à la création de l’homme. Tout d’abord tout était ténèbres. Ensuite Dieu ordonna que la Lumière apparaisse et cela fut ainsi.
Quelques observations :
- La venue de la Lumière, paradoxalement, n’amena pas le jour immédiatement. Nous lisons que lorsque la Lumière vint vers les ténèbres, cela donna lieu à un soir (ce qui veut dire un peu jour et un peu nuit), un soir auquel succéda naturellement la première nuit, et ensuite le premier matin.
- Autre fait remarquable : l’obscurité d’après la venue de la Lumière, Dieu ne l’appela plus ténèbres mais bien « NUIT ».
Nous verrons plus tard ce que tout cela implique pour nous.
Mais de prime à bord, ce que nous devons savoir c’est que les ténèbres évoquent l’absence de tout bien, le chaos, tout simplement : le mal. Sans nul soute il s’agit là de la présence de Satan sur la terre, après qu’il fut jeté d’en haut à cause de sa rébellion (Esaïe 14 : 12). Pour sa part, la Lumière c’est Christ qui est la Lumière du monde (Jean 8 : 12).
Nous sommes donc en présence d’un tableau qui préfigurait un monde où règne Satan par le péché et le désordre de tout genre, monde dans lequel Dieu envoya Jésus-Christ. Et par delà le monde, c’est l’homme qui est la figure principale. C’est en lui et par lui que les ténèbres et la venue de la Lumière se conjuguent.
Une comparaison.
A notre naissance nous sommes comme la terre au moment de la création, c’est-à-dire que les ténèbres nous couvrent totalement, nous sommes tous pécheurs, privés de la vie de Dieu et gisant sous le règne de Satan. La Lumière vient dans notre vie lorsque nous recevons Christ. Avec cette Lumière, l’espoir naît en nous et nous avons part aux bénédictions de Dieu. Grâce à cette lumière il devient possible d’attendre du bien de nous. Nous devenons enfants de lumière et non plus de ténèbres, bénis de toutes sortes de bénédictions en Jésus-Christ.
Seulement, ce bien-là, ces bénédictions-là et cette capacité à rependre le bien autour de nous, ne sont pas immédiatement manifestes dans notre vie quoique déjà présents. Cela est ainsi de même qu’il ne fit pas immédiatement jour lorsque la Lumière vint dans le monde des ténèbres.
Lorsque nous recevons Jésus-Christ il ne se passe en nous qu’une très courte et confuse joie. Très vite les réalités auxquelles le nouveau-né se trouvera confrontée mettent fin à l’euphorie du noviciat de sorte que certains, ne comprenant pas ce qui leur arrive, en arrivent à regretter leur décision ou à douter de toutes les belles promesses de l’évangéliste. Cela fait allusion au soir. Lorsque la Lumière vint, l’atmosphère changea en soir. Pour quelqu’un qui était dans les ténèbres le soir donne un aspect de clarté de sorte qu’il se met à s’attendre à ce que cette clarté aille grandissante jusqu’au plein jour. Mais, hélas, de nouveau il se replonge dans l’obscurité de la nuit contre toute attente, et cela crée confusion.
Faute de maîtriser cette réalité, il y a malheureusement beaucoup de faux départs dans la foi. Nombreux ont l’impression d’être mis en confusion parce que ne voyant pas le bonheur dont Jésus se réclame être Garant en faveur de tous ceux qui croient en Lui, d’après les évangiles. Ils s’attendaient à la joie, à la lumière du jour, et voici c’est l’obscurité de la nuit qui les couvre !
Pourquoi la nuit commença-t-elle le cycle des jours ?
Un jour Jésus raconta la parabole du semeur à Ses disciples. Comme ceux-ci ne comprirent pas, ils lui en demandèrent l’explication. Dans l’une des trois types des semailles, Jésus expliqua ceci : « Celui qui a reçu la semence parmi les épines, c'est celui qui entend la parole, mais en qui les soucis du siècle et la séduction des richesses étouffent cette parole, et la rendent infructueuse. » (Matthieu 13 : 22).
C’est dans ce verset que se trouve la réponse (et l’unique qui soit) au pourquoi de la nuit qui précéda le jour au commencement de la création. L’état de joie (le jour) ne constitue pas des conditions favorables pour apprendre les choses de Dieu. Lorsque l’homme est plongé dans des jouissances, lorsque son cœur se régale des choses de la vie, sa capacité d’apprentissage des choses de Dieu est affectée. Il est moins réfléchi et emporté dans la distraction. Cela est ainsi fait, nul n’échappe à la règle. L’Ecclésiaste a d’ailleurs dit : « Mieux vaut le chagrin que le rire; car avec un visage triste le cœur peut être content. Le cœur des sages est dans la maison de deuil, et le cœur des insensés est dans la maison de joie » (Ecclésiaste 7 : 3-4).
Il se fait ainsi que lorsque nous recevons Christ dans notre vie, lorsque nous devenons enfants de Dieu, la deuxième chose que Dieu veut après ce Salut c’est que nous accédions à la connaissance de la Vérité Eternelle (1Timothée 2 :4). Dieu veut que Ses enfants se rapprochent plus de Lui et qu’ils apprennent à vivre comme Lui, eux qui longtemps ont vécu loin de Sa face comme des rebelles. Pour qu’il en soit ainsi, il ne suffit pas de nous distiller des versets bibliques à longueur des journées. Mais il faut qu’au préalable le nouveau-né soit mis dans des conditions d’apprentissage idéales. Il doit être isolé (débranché) de toutes sortes d’attractions mondaines pour qu’il ait la possibilité de se concentrer et de considérer à sa juste mesure l’Amour et la Sainteté de Dieu. Si ce préalable n’a pas été fait, on aura beau produire des éminents docteurs en théologie mais qui n’auront aucune relation personnelle avec Dieu, qui ne craignent pas le péché quoique prêchant agréablement bien, et dont au final le sort est la perdition éternelle.
Jésus Lui-même nous en avait donné l’exemple lorsqu’Il fut baptisé. Son baptême ayant été pour nous le symbole de la deuxième naissance, la bible nous montre qu’aussitôt sorti de l’eau le Saint-Esprit l’emmena au désert pour être tenté (Matthieu 4 : 1), et que ce ne fut qu’après le désert qu’Il entama Sa mission publique. Dans les textes originaux le mot traduit par « tenté » signifie en fait « éprouvé ». Jésus ayant été envoyé pour nous servir de model, nous avons là un parfait enseignement confirmant que tout nouveau recru dans l’armée du commandant Jésus-Christ est d’abord envoyé au maquis pour être formé avant d’aller combattre au front.
L’homme naturel n’est près qu’à jouir de son existence terrestre. Ce qu’il connaît c’est ce qu’il touche, ce qu’il expérimente. Malgré qu’il vient d’accepter Jésus comme son sauveur et Seigneur, l’existence de Dieu n’est pour lui que théorique. Il affirme que Dieu existe, que Jésus est vivant, que Jésus est sauveur, non pas qu’il en ait une preuve évidente personnelle, mais bien parce que cela est écrit et que les gens le disent. Pour que ces affirmations deviennent siennes aussi, pour qu’il le dise avec conviction, il faut qu’il se trouve dans des situations où il est obligé de demander l’assistance de Dieu et qu’il apparaisse clairement que la solution qui lui arrive vient de Dieu. Il faut donc qu’il se trouve dépourvu de tous ses appuis naturels, autrement il lui sera difficile de tourner ses regards vers Dieu.
Lorsque tout marche normalement, la prière qu’on fait à Dieu est faite presque pour la bonne forme. Mais lorsqu’on a épuisé tous les autres moyens de recours et qu’on se dit il ne reste plus que Dieu, lorsqu’on lui adresse une prière dans ces conditions ce sera une prière fervente et profonde. D’autre part, lorsque pendant que Dieu intervient il se trouve en même temps un oncle ou quelque autre personne qui intervienne, il y a risque que toute la gloire soit donnée à ce dernier. C’est pourquoi non seulement Dieu met le nouveau-né en situation difficile, mais encore l’isole de tout ce sur quoi il pouvait s’appuyer afin que lorsque Sa solution lui parviendra que cela paraisse sans équivoque que c’est de la main de Dieu.
Voilà pourquoi les enfants d’Israël furent conduit par le chemin du désert. Au désert il n’y a pas d’arbre sur quoi on puisse s’abriter contre le soleil ou contre la pluie, il n’y a pas d’eau ni de nourriture ; tout est sec. Accablés et ayant épuisé toutes leurs provisions d’Egypte, les enfants d’Israël ont commencé à crier vers Dieu. Ils étaient seuls avec Moïse devant eux, Moïse qui n’avait que son bâton en main. Lorsque Moïse pria, Dieu l’exhaussa et la manne commençait à tomber. Ce fut sans conteste un miracle de Dieu. L’eau jaillissait du rocher, encore un miracle sans conteste. Ils ont appris à compter sur Dieu. Ils ont eu confiance que Dieu était avec eux ; leur foi s’en trouva fortifiée.
Voilà ce que Dieu fait avec chacun de ceux qui croient en Lui. La dimension spirituelle de tout chrétien dépend de comment il a vécu son désert. D’autres appellent cela le traitement de la Croix. Et c’est ce que aussi nous appelons ici ‘le passage de la nuit’. Voilà pourquoi c’est la nuit qui commença, pourquoi il eût fallu passer par le désert. Un jour Dieu me dit en vision : « il faut que le corps souffre pour que l’esprit soit puissant ». C’est cela le lot de tous les chrétiens véritables. Tous les grands hommes de Dieu connus ont dû passer chacun par le désert, ont tous traversé la nuit d’abord avant de faire montre de puissance.
Ecoutez bien ceci : « Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés en Jésus-Christ à sa gloire éternelle, après que vous aurez souffert un peu de temps, vous perfectionnera lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. » (1Pierre 5 : 10). Le temps de nuit c’est donc, comme nous le lisons dans ce verset, le moment d’affermissement, de perfectionnement et de fortification par excellence pour que le chrétien soit inébranlable dans sa foi.
La nuit doit donc commencer le cycle parce qu’elle est un chantier duquel doit sortir un produit fini pour l’édification et la bénédiction du monde. Lorsque nous devenons chrétiens nous ressemblons à un cliché sur lequel on vient de photographier l’image de Christ. C’est Christ qui est la Lumière dans la vie du chrétien. Mais pour que cette image de Christ soit vue de tous il faut que le cliché passe par la chambre noire. Le cliché doit être traitée dans la chambre noire, loin de toute lumière. C’est alors que sorti de la chambre noire, tout le monde voit éclater l’éblouissante Lumière de Christ dans la vie du chrétien, son témoignage glorifie le Seigneur ! Voilà le jour qui vient après l’obscurité de la chambre noire. C’est parce que c’est la nuit (et non les ténèbres) qui prépare le jour.
Pour un chrétien, le petit temps des souffrances voulues par Dieu c’est la nuit et non les ténèbres parce qu’il est un temps d’espoir que le jour finira par venir à coup sûr. D’après les géographes, lorsqu’il fait nuit sur un côté de la planète, le soleil brille sur un autre. La nuit donc n’est pas un temps d’obscurité sans fin. Elle est différente des ténèbres parce qu’au temps des ténèbres rien n’existait pour pouvoir alterner. Mais quand la lumière est venue les ténèbres changent d’appellation pour devenir la nuit afin d’insinuer le fait que la lumière est proche. Voilà pourquoi le psalmiste David s’écria : « Le soir arrivent les pleurs, et le matin l'allégresse » (Psaumes 30 :6).
C’est de la peine perdue de penser qu’on peut inculquer la Parole de Dieu à ceux qui vivent dans la liesse. Lorsqu’on mène une vie où les jouissances charnelles se succèdent, on peut devenir même docteur en bible sans que les gens voient le moindre fruit digne de la Parole de Dieu en vous. Jésus l’avait dit dans le passage ci-après : « Celui qui a reçu la semence parmi les épines, c'est celui qui entend la parole, mais en qui les soucis du siècle et la séduction des richesses étouffent cette parole, et la rendent infructueuse. » (Matthieu 13 : 22).
Donc la capacité d’un chrétien à honorer Dieu par son comportement dépend de comment il a vécu son désert, sa nuit. Une nuit en songe Dieu me dit ceci : « Il n’y a personne qui peut donner à un autre la capacité de résister au péché. Pour que quelqu’un résiste à la tentation du péché il faut qu’il sache qu’il appartient à Dieu et que ce Dieu à qui il appartient est Saint. Alors, s’il se trouve en tentation, il s’abstiendra de céder même si cela lui cause un désagrément ». C’est donc clair : c’est dans le désert qu’on découvre réellement tout l’amour et toute la sollicitude de Dieu. C’est là qu’on découvre l’intimité de Dieu. Sans le désert, Dieu est un être qui vit chez Lui au ciel et nous ici-bas chez nous. Lorsqu’on a une telle conception il est difficile de résister au plaisir que procure la jouissance du péché.
Que Dieu bénisse votre lecture !